🇵🇬 A la découverte d’une école papoue

Mis à jour : 20 mars 2019


Grâce à Anna, la mère de famille, nous avons un accès facile à l’école primaire-collège du village dont elle est directrice. Nous avons passé 3 journées dans 3 classes de niveaux différents afin de vous faire découvrir le fonctionnement de la vie scolaire papoue.

Vue aérienne de l’école composée de 5 bâtiments avec, à l'arrière plan, quelques maisons pour accueillir les professeurs venus de loin.

Contexte du pays En PNG, l’école n’est pas obligatoire et elle est payante pour tout le monde. Malgré tout, le taux de scolarisation au primaire est de 80%. En effet, la société papoue est convaincue qu’une bonne scolarité permettra à leurs enfants d’accéder à un meilleur futur. Les cours sont donnés en anglais dès le plus jeune âge. La directrice nous disait que le pays avait la volonté de placer l’anglais comme future langue officielle pour une meilleure ouverture sur le monde. Les manuels sont également tous en anglais.

Répartition des classes Dans cette école, il y 5 niveaux différents. La répartition des classes ne se fait pas en fonction de l’âge de l’enfant comme en France, mais en fonction de son niveau. Il y a donc d’importants écarts d’âge au sein d’une même classe. Par exemple, dans une classe de CM1, les âges vont de 9 à 19 ans. Cela nous a fortement surpris dès notre arrivée en classe. Par classe, l’effectif varie entre 30 et 60 élèves pour un professeur. Pour autant, le silence est de rigueur. Il arrive même que le professeur s’absente quelques minutes, sans que le volume sonore de la classe n’augmente.

Deux jeunes Papous dans une classe de CM1, à gauche un élève de 18 ans et à droite un élève de 10 ans.

Calendrier scolaire L’année scolaire est divisée en 4 périodes de 10 semaines travaillées, entrecoupées d’une semaine de vacances. Leur coupure annuelle est à Noël où les cours sont interrompus pendant 5 semaines pour se reposer et préparer l’année d’après. L’école se déroule du lundi au vendredi, commence à 8h jusqu’à 12h30 puis reprend à 13h30 pendant 2 heures. Malgré un planning établît, il n’est pas rare de voir les enfants rentrer plus tôt à la maison pour des raisons qui restent vagues (réunion improvisée entre professeurs, raisons personnelles du professeur...).

Infrastructures Les infrastructures sont rudimentaires : pas de vitres aux fenêtres, du gravier au sol, et un toit en tôle provoquant un bruit important lorsqu’il pleut et des chaleurs suffocantes quand il fait beau.

Classe de Dorah, équivalent du CM1

Voici la cloche de l’école que sonne un enfant différent à chaque fois

Tenue vestimentaire Cette année, la directrice de l’école a introduit la notion d’uniforme que les élèves doivent porter 3 fois par semaine. Nous voyons certains écarts de niveau de vie entre les élèves car certains arrivent propres en uniforme, d’autres arrivent pieds nus, en t-shirt sale et déchiré.

écolier pieds-nus en classe.

Trois écolières en uniforme dans la classe d’Anna.

Le sourire communicatif d’une étudiante en plein cours

Des élèves motivés Les élèves viennent parfois de très loin, soit plus de 8km à pied par trajet. Il n’y a en effet pas assez d’écoles à proximité de tous les villages. Ces enfants-là partent sans parents, à l’aube, et parcourent plus d’1h30 pour se rendre en classe. Pour ne rien arranger, le climat tropical de la région apporte très souvent de la pluie qui transforme les pistes en un parcours du combattant. Pour d’autres, dont le village est encore plus loin, ils sont souvent accueillis chez des oncles et tantes habitant plus près de l’école. Pour ceux-là, c’est donc sans papa et maman qu’ils effectueront leurs études. Les enfants sont ainsi vite autonomes dans leur vie quotidienne. Autre fait surprenant : l’ainée de la famille Kane nous confiait qu’elle préférait aller à l’école plutôt que d’être en vacances. « Il y a plein de choses à faire en classe, on apprend de nouvelles choses, alors qu’à la maison, on ne fait rien. »

Sortie de l’école pour les 280 écoliers de Green River

Les obstacles pendant la scolarité Une des institutrices nous apprenait qu’il n’est pas rare que certains élèves abandonnent l’école en cours d’année, pour différentes raisons : mauvais résultats, pression des parents pour travailler dans les champs, mariage forcé dès l’âge de 12 ans... Ainsi le taux de scolarité au lycée chute à 40%.

Le taux d’alphabétisation dans le pays est quant à lui de 65% pour les plus de 15 ans... Il y a encore du chemin à parcourir pour ce pays que l’on décrit comme le pays aux dernières frontières découvertes.

Dorah, la fille d’Anna avec sa voisine de classe en pleine discussion !

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